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TDF 2020 – Le contre-la-montre comme juge de paix

Ce samedi a lieu le seul et unique contre-la-montre dans cette 107e édition du Tour de France. A la veille de l’arrivée sur les champs-Elysées, Primoz Roglic est avec ses énormes qualités de rouleur dans une position idéale pour remporter son premier Tour de France. Pogacar semble promis à la deuxième alors que d’autres coureurs comme Lopez, Porte ou Landa peuvent rêver d’un podium. Retour sur les grands moments de l’histoire du contre-la-montre comme juge de paix sur le Tour de France, théâtre de tant de joies et de désillusions.

Fignon – LeMond, le plus mythique

Quand on pense contre-la-montre final, comment ne pas mentionner cet extraordinaire 23 juillet 1989. Ce jour là, deux hommes vont s’affronter pour 24.5 km d’efforts solitaires qui vont rentrer dans l’histoire du Tour. A la veille de cette ultime étape, le français Laurent Fignon vainqueur sortant du Giro 1988 a cinquante secondes d’avance sur l’Américain. Plus tôt dans le Tour, lors d’un chrono de 73 km, Fignon n’avait perdu que cinquantes-six secondes sur le vainqueur du jour LeMond. On se dit alors que le Français se dirige vers une troisième Tour de France. Après environ vingt-huit minutes d’effort, Fignon s’écroule. Au classement général, il finit à huit petites secondes. Huit secondes de trop. Huit secondes pour l’histoire.

Jan Janssen sur le fil

En 1966, le néerlandais Jan Janssen finit à 1min07 sec de remporter le Tour de France. Après une victoire en 1967 sur la Vuelta, il vient sur l’édition 1968 de la Grande Boucle avec l’envie de succès. Troisième à 16 secondes derrière le Belge Herman Van Springel à la veille d’un contre-la-montre final, il profite des 55 km entre Melun et Paris pour lui chiper la tunique de leader, pour 38 petites secondes. Il devient alors le premier Néerlandais à remporter le Tour de France.

1987 : Gravé dans la roche

Stephan Roche est le tube de l’année 1987. Sortant victorieux du Giro, il s’avance quelques semaines plus tard comme l’un des favoris du Tour de France, lui qui a fini troisième de l’édition de 1985. Après avoir pris le maillot au soir de la 19e étape menant à Villard de Lans, il le perd dès le lendemain au profit du grimpeur Espagnol Pedro Delgado. Il lui a fallu attendre la dernière étape et un contre-la-montre de 38 km entre Dijon et Dijon-Prenois pour reprendre définitivement la tunique jaune, 40 secondes devant Delgado. Plus tard, Roche devient champion du monde. Delgado, lui, revient l’année d’après et remporte le Tour de France.

Cadel Evans, jamais deux sans trois

Cadel Evans et les contre-la-montre du Tour de France, c’est une histoire qui aurait pu finir par le hanter jusqu’à la nuit des temps. Durant sa carrière, il a souvent joué la gagne sur un effort solitaire. Premièrement, en 2007. Dans un Tour de France marqué une nouvelle fois par le dopage (Rasmussen, Vinokourov, Leipheimer), il est à la veille d’un contre-la-montre décisif à 1 min 50 du jeune Alberto Contador. Les 55 kilomètres semblent propices à l’Australien et ses grandes qualités de rouleurs. Au final et malgré le gain de l’étape, il échoue à 23 petites secondes du pistolero Contador. Deuxième plus petit écart au général entre les deux premiers du classement général.

Dès l’année suivante, il se retrouve dans la même position, celle du chasseur. Cette fois-ci, l’adversaire est un autre Espagnol : Carlos Sastre. Il est alors 4e Tour et les 1min34 qui le sépare du leader semble largement à sa portée sur un parcours long de 53 kilomètres. Nouvel échec et performance plutôt moyenne (7e de l’étape) pour Evans. Il termine ce Tour à 58 secondes de Sastre.

2011 est la troisième et le dernier combat de Cadel Evans pour parvenir à son rêve. Dans un Tour qui a vécu la formidable épopée de Voeckler. Il se trouve à 57 secondes d’Andy Schleck avant un contre-la-montre de 43 kilomètres autour de Grenoble. Du pain béni pour l’Australien qui se retrouve face à un adversaire pas franchement réputé pour être une machine à rouler. Il réalise alors une superbe étape en finissant deuxième derrière Tony Martin et remporte son premier et unique Tour de France.

Cadel Evans vainqueur du Tour de France 2011 devant Andy Schleck et Franck Schleck. (Pinterest.fr)

2017 et l’espoir Bardet

Tour de France 2017, c’est la folie à Marseille ! Romain Bardet est à 23 secondes de Froome et il reste un ultime contre-la-montre dans la cité phocéenne. On se met à y croire, peut être par manque de lucidité. Pourquoi pas ? Sur un malentendu. Au final, les piètres qualités de rouleur nous ramènent à la réalité. Il sauve son podium pour une petite seconde sur Mikel Landa. Froome remporte son quatrième Tour et la belle performance est à mettre au crédit de Rigoberto Uran qui finit à moins d’une minute du Britannique au général.

Le mauvais souvenir de Primoz Roglic

Le dernier contre-la-montre final sur un Tour de France, c’était il y a deux ans. La veille, un certain Primoz Roglic l’emporte à Laruns et monte la troisième place du podium. Très bon rouleur, il semblait avoir fait le plus dur en doublant un Chris Froome en difficulté dans cette étape, payant le fait de doubler Giro et Tour. Sur 31 kilomètres d’effort solitaire, Roglic passe complètement à côté de sa course et perd le podium (finissant à 58 secondes du Britannique au général) face à un extraordinaire Froome, deuxième de l’étape à une seconde du vainqueur Tom Dumoulin. Un rendez-vous manqué avec le podium du Tour de France, qui risque cette année de se passer sur la plus haute marche demain soir aux Champs Elysées

C’est donc une nouvelle fois un contre-la-montre qui va mettre tout le monde à sa place la veille des Champs-Elysées. Le maillot jaune Primoz Roglic devrait garder sa tunique, sauf immense surprise. En position favorable, Miguel Angel Lopez devra résister à l’excellent rouleur Richie Porte. Préparez votre chrono et rendez-vous autour de 13h pour la dernière explication entre favoris du Tour de France.

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