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Stéphane Da Costa : Portrait du Petit Prince du hockey français

Peu de joueurs français peuvent se targuer de briller dans les championnats étrangers de hockey. Et encore moins d’avoir joué en LNH. Jouant au poste d’ailier droit ou centre, ses points forts sont sa vitesse, sa technique, il est adroit devant le but, doté d’une excellente vision du jeu et il n’a pas peur de se frotter aux défenseurs adverses. Mais surtout le parcours de Stéphane Da Costa est celui d’un travailleur acharné qui a su faire briller sa bonne étoile.

Né à Paris en juillet 1989, d’un père handballeur portugais et d’une mère nageuse franco-polonaise, Stéphane Da Costa est le dernier d’une fratrie de hockeyeurs, l’aîné, Gabriel joue dans l’équipe 2 de Strasbourg en division 3 française et Teddy joue en Pologne à l’Unia Oswiecim. Quant à Stéphane, il débute son hockey junior dans les rangs des Jets d’Evry puis avec les Gothiques d’Amiens. En idolâtrant Sergei Fedorov, Jaromír Jágr et Peter Forsberg.

La conquête de l’Ouest

À 17 ans, Stéphane Da Costa décide de partir aux USA. Il débarque en 2006 dans la North American Hockey League, aux Texas Tornados où il affole les compteurs, avec 40 points en 50 matchs.

La saison suivante, le Français s’engage avec les Sioux City Musketeers, qui jouent dans la United States Hockey League. Durant son passage en Iowa, il marque 107 points en 99 matchs et gagne sa place au All Star Game d’USHL. Il est nommé dans la deuxième All-Star Team de la saison en 2009. Grâce à ses performances, Da Costa fait ses débuts avec l’équipe de France lors des Championnats du monde 2009 en Suisse. Durant cette compétition il amassera 2 points (2 passes décisives).

Source: Merrimack Athletics

Après ces deux saisons fructueuses à Sioux City, Stéphane entre au Merrimack College qui joue dans la division Hockey East en NCAA. Le Français semble passer un nouveau cap dans le championnat universitaire américain avec deux saisons à 45 points. Ses deux saisons en NCAA sont si impressionnantes (90 points en 67 matchs) que la franchise des Sénateurs d’Ottawa le signe pour terminer la saison 2010-2011.

Rendez-vous raté avec la LNH

Source: RDS/Getty

Après sa signature avec Ottawa, Stéphane Da Costa entre de fait, dans un club très privé, celui des joueurs français à avoir joué en LNH. Il est le sixième joueur né en France à fouler les patinoires de la LNH, après Philippe Bozon, André Peloffy, Cristobal Huet, Paul MacLean et Pat Daly.

Mais l‘aventure dans la Mecque du hockey est difficile pour Da Costa. Souvent relégué en Ligue mineure dans l’équipe des Sénateurs de Binghamton, le Français brille avec 132 points en 159 matchs, mais semble pas faire partie des plans de l’entraîneur de l’époque, Paul MacLean (oui celui cité précédemment). Pourtant ce dernier ne tarit pas d’éloges sur Da Costa dans une entrevue accordée au Ottawa Citizen en 2013 :

«C’est un joueur qui joue avec beaucoup de vitesse et de ténacité». «Il n’est peut-être pas avec (Milan) Michalek et (Bobby) Ryan tout le temps, mais il devrait être en mesure de créer plus d’opportunités pour ces gars (Smith et Neil) afin d’avoir une chance de marquer. C’est quelque chose que nous recherchons: des marqueurs supplémentaires dans l’alignement. « 

Source: Ken Warren  •  Ottawa Citizen – 1er Oct 2013

Pourtant, durant ses quatre saisons, à Ottawa, Da Costa ne dispute que 47 matchs en Ligue Nationale et totalise 11 points.

En revanche, Stéphane Da Costa devient un véritable taulier de l’Équipe de France. Il est l’un des artisans de la belle 9ème place des Français lors des Championnats du monde en 2012 (6 points en 8 matchs) Il brillera encore plus lors des championnats du monde en 2014 avec 9 points en 8 matchs. Il sera notamment un des artisans de la victoire surprise des Bleus face au Canada, en inscrivant 2 buts. Cette année-là, les Français se qualifient pour la première fois depuis 1995, pour les quarts de finales où ils seront défaits par les futurs champions du monde Russes 3-0.

Source: Jonathan Vallat Photo/IIHF

En Janvier dernier, Da Costa confie à Laurent Bellet sur FranceTV Sport, « Il ne me manquait pas grand-chose pour réussir (En LNH. ndlr). Je n’ai pas eu la chance d’avoir la confiance d’une organisation et finalement après le championnat du monde à Minsk j’ai signé en Russie. Après le mondial à Paris en 2017, les Oilers de Edmonton m’ont offert un contrat ‘one way’ (avec la certitude de n’évoluer qu’en NHL et pas en ligue mineure, ndlr) mais j’ai eu une infection et j’ai été opéré. Cela ne s’est pas fait. Il était sans doute écrit que je devais faire ma carrière en Russie et je le répète, j’espère gagner avec Kazan. ».

Da Costa, nouveau Tsar de Russie

Après la frustrante aventure Nord-américaine, Da Costa est contacté par Serguei Fedorov devenu directeur général du célèbre club Russe du CSKA Moscou, qui le convainc de continuer sa carrière en Russie. Il devient le premier français à jouer en KHL (Il est rejoint en 2016 par Damien Fleury). Instantanément, il redevient la machine à scorer qu’on connaissait. Le Français bénéficie de la présence de joueurs de classe mondiale comme Alexander Radulov pour mettre son talent en valeur. Da Costa change sa manière de jouer, il joue plus physique (ce qu’il ne faisait pas en LNH), mais n’oublie pas ce qui le fait briller sur les glaces russes, même si il est souvent victime de blessures, son jeu est un récital, et en trois ans avec le club de l’Armée Rouge, il joue 94 matchs de saison régulière pour un total de 96 points.

L’élève écoute le maitre – Source: ALEXANDER NEMENOV/AFP via Getty Images)

À l’été 2017, le Français arrive au terme de son contrat avec le CSKA. Soignant des blessures persistantes durant la saison morte, il chosit de revenir à la compétition en Ligue Nationale A Suisse, et signe pour une saison avec le Servette de Genève. Le temps de jouer 28 matchs et scorer 25 points. En 2018, le Français est de retour en Russie signant avec le club de l’Avtomobilist Ekaterinbourg, il devient le troisième meilleur compteur de l’équipe, montrant aux yeux de la KHL qu’il a toute sa place dans la deuxième meilleure ligue au monde.

En 2019/2020, il part au Lokomotiv Yaroslavl, et devient le deuxième meilleur pointeur de l’équipe avec 35 points en 38 matchs.

Prêt pour un nouveau combat – Source: Site AK Bars Kazan

Et finalement pour la saison 2020-2021, Il signe chez un des favoris, l’AK Bars Kazan, où il annonce la couleur, il est là pour gagner la Coupe Gagarine, et pas pour récolter les distinctions individuelle, mais une fois sur la glace, il surclasse ses co-équipiers (Nigel Dawes, Stanislav Galiyev, Viktor Tikhonov, Danis Zarpov ou encore Alexander Burmistrov…Excusez du peu !) en devenant le meilleur compteur du club avec 57 points. Il termine la saison régulière à la 5ème du classement des pointeurs de la ligue et 3ème meilleur buteur.

Quant à un retour en LNH, avec l’arrivée prochaine du Kraken de Seattle ? Da Costa confie à nos confrères de Radio Canada.

« Je ne sais pas si mes services vont intéresser une équipe, à mon âge, mais je serais ouvert à discuter évidemment. Sinon, je suis vraiment très bien ici.« 

Kéven Breton – Radio Canada -14 Janvier 2021

En partant de France, à l’âge de 17 ans, Stéphane Da Costa ne pouvait pas deviner que sa trajectoire l’emmènerait sur les patinoires de la LNH puis à celles de la KHL. Certes son talent est réel, mais il est avant tout un exemple de travail, de courage et de résilience. Il a ouvert les yeux des recruteurs et ainsi ouvert la voie à d’autres joueurs Français, Roussel, Bellemare, Auvitu et Texier qui sont également entrés dans le gotha des joueurs français en LNH.

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