Cyclisme

TDF 2019 : Preview du grand week-end pyrénéen

Ce jeudi et après une moitié de Tour qui aura déjà livrée d’importants écarts et mis de côté quelques favoris à la victoire finale, le peloton arrive dans le premier des deux grands massifs montagneux de notre hexagone. Ce sont les Pyrénées qui vont permettre aux hommes forts de lancer la grande bagarre.

4 journées décisives

Pour cette première étape pyrénéenne, les routes de la Grande Boucle emmèneront les coureurs à Bagnères-De-Bigorre, ville étape historique du Tour. En partant de Toulouse, le peloton fera 202km avec une première partie d’étape plutôt plate pour ensuite enchainer deux cols durant la deuxième partie : le Col de Peyresourde (13.2km à 7 %) et la Hourquette d’Ancizan (9.9km à 7.5 %) dont le sommet est tout de même situé à un peu moins de 30km de l’arrivée. Si cette étape va permettre de jauger le niveau des favoris, elle ne devrait pas donner lieu à énormément d’écarts. En effet, la vallée entre les deux cols, combinée à un sommet relativement loin de Bagnères-De-Bigorre devrait décourager les plus téméraires. Comptons tout de même sur les bons grimpeurs relativement loin au général (Simon Yates, Tim Wellens, Ilnur Zakarin, Wilco Kelderman, Vincenzo Nibali, etc.) pour tenter de se refaire une santé sur une étape qui aurait parfaitement été au maillot jaune Julian Alaphilippe. Mais bon. A-t-il déjà fini de nous surprendre ?

Deuxième jour pyrénéen où nous retrouverons les coureurs dans un autre exercice, un contre-la-montre individuel vallonné, de 27km, qui permettra aux rouleurs de reprendre du temps sur les purs montagnards. Cette étape est souvent cochée comme la potentielle prise de pouvoir de la Team Ineos et son excellent rouleur Geraint Thomas, 2e du général à 1’12’’ d’Alaphilippe. Ce dernier pourrait néanmoins jouer crânement sa chance. S’il ne fait pas partie des meilleurs rouleurs du peloton, il a tout de même de belles références comme sa victoire du contre-la-montre vallonné de 14.5km lors de Paris-Nice 2017, devant Contador, Porte ou encore Zakarin. Cela sera la dernière épreuve chronométrée de ce 106e Tour de France.

Samedi donnera lieu à la grande étape pyrénéenne de ce Tour 2019 avec une arrivée au sommet du mythique col du Tourmalet après être passé au Col du Soulor. Cette étape courte, comme nous en avons l’habitude ces dernières années sur le Tour de France, va permettre aux coureurs les plus aériens de se frotter au terrible Tourmalet et ses 2115m d’altitude, combinés à 19km d’ascension à près de 7.4 %. Aucune défaillance ne sera alors permise. Les grimpeurs purs comme Quintana, Pinot ou Bardet, devraient être à leurs aises si les jambes sont là. Les trois derniers km à plus de 10 % de moyenne seront dantesques pour un peloton qui sera forcément émoussé de cette terrible ascension et de son passage au delà des 2000 mètres. Petit clin d’œil à l’histoire récente, le dernier coureur à être passé en tête du Tourmalet sur les routes du Tour est le maillot jaune Julian Alaphillippe, en 2018.

            Dimanche, nous retrouverons un enchainement de cols ou les coureurs iront moins haut que la veille et où une échappée risque de jouer fièrement sa chance avec une arrivée au Prat D’Albis à 1205m.

De multiples enjeux

Ces quatre étapes vont donner lieu à d’importants enjeux à tous les étages de la course. Nous en avons sélectionné quelques-uns.

Un passation de pouvoir ?

Avec l’arrivée de la haute montagne et un contre-la-montre individuel pour homme fort, difficile d’imaginer Julian Alaphillippe garder son maillot jaune. Si Geraint Thomas semble le mieux placé pour récupérer la précieuse tunique, il n’est pas le seul à lorgner sur cette dernière. La pépite Egan Bernal ? Le discret Steven Kruijswijk ? Le puncheur Adam Yates ? Beaucoup de possibilités sont présentes à la vue des faibles écarts.

De vrais indicateurs !

Ces étapes vont aussi permettre de dégager de grandes tendances. Si le peloton a déjà livré bataille au sommet de la Planche des Belles Filles, le fait qu’une vingtaine de coureurs se tiennent dans la minute n’ont pas permis de tirer de conclusions sur la hiérarchie des grimpeurs.

A la recherche du temps perdu…

Le paradoxe des grands tours, c’est qu’ils peuvent se perdre n’importe où. Chutes, bordures, ou soucis mécaniques brisent les rêves de sacre de certains des participants. Des leaders comme Pinot, Uran, Fulgsang ou Porte vont avoir à cœur de se racheter après avoir perdu beaucoup de temps sur l’étape menant le peloton à Albi (1’40 » sur un coup de bordure bien amené par la Team Ineos et la Deceuninck-Quick Step). Ces coureurs, ainsi que certains autres semblant loin de leur meilleure forme (Aru, Bardet), vont devoir se découvrir afin de faire un rapproché au général.

Un duel pour le maillot blanc

Autre enjeu peu évoqué, le duel pour le maillot de meilleur jeune. S’il est aujourd’hui solidement accroché aux épaules du colombien Bernal, il ne faut pas sous-estimer Enric Mas. Le jeune espagnol de la Deceuninck Quick-Step réalise un très bon début de Tour de France et ne pointe qu’à 30′ de son rival pour le maillot blanc (il est actuellement 6e du classement général). Ce jeune coureur de 24 ans découvre le Tour pour la première fois après s’être révélé l’année dernière sur les routes de son tour national en se classant 2e de la Vuelta.

Alors, quel est votre regard sur ce qu’il nous attend dans les Pyrénées ?

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