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Course aux playoffs – les Nets cherchent la boussole

Ce n’est plus un secret pour personne : la NBA est de retour. Le 31 juillet prochain, 22 équipes disputeront 8 matchs de classement in the House of Mickey Mouse, à Orlando. L’objectif est simple : établir une hiérarchie pour les dernières places qualificatives aux Playoffs. À l’Est, seuls les Wizards de Washington peuvent bousculer les plans du Magic et des Nets. À l’Ouest, l’équation est bien plus complexe. Les Grizzlies de Memphis tiennent la 8ème place de la Conférence depuis l’arrêt de la compétition le 12 mars dernier. Derrière, 5 équipes peuvent encore espérer décrocher le dernier spot pour les Playoffs : Portland, New Orleans, Sacramento, San Antonio et Phoenix. Face à cette situation inédite, le CCS vous propose d’évaluer les chances de qualification de toutes ces franchises en course pour les Playoffs. Aujourd’hui, place aux Nets de Brooklyn, une franchise qui s’est révolutionnée pour des effets encore bien maigres.

BROOKLYN NETS

SAISON RÉGULIÈRE

Révolution. Ce terme est devenu usuel dans le sport, puisque l’on s’accorde à penser qu’une refonte profonde d’un effectif ou d’un staff technique est une transition énorme et risquée. Les Nets ont fait ce choix, après de nombreuses années passées à penser la plaie du retentissant trade avec Boston en 2014. Six ans plus tard, Brooklyn a réussi son opération reconquête grâce à des choix judicieux et l’éclosion de joueurs tels de D’Angelo Russell. L’objectif de séduire de gros agents libres a fait son effet, si bien que Kyrie Irving et Kevin Durant ont posé leurs valises dans la franchise. Les Nets travaillent et bien, l’image de la franchise est bonne et l’environnement semble propice à l’épanouissement des joueurs. L’alliage sport/médiatisation proposé est tout ce qu’il y a de plus séduisant et l’équipe pour la saison 2019-2020 est taillée pour gagner. On annonce les Nets dans le top 4 à l’Est sans avoir la crainte d’avoir tord, même si la rédaction a été partagée, Ben mettant la franchise 6e à l’Est. Rendons à César… Les Nets dans la partie haute des qualifiés en playoffs est en tous cas un « lock ». Le bilan positif de l’an passé (42-40) sans superstar doit être suivi d’une saison à l’exigence encore renforcée. Reste à savoir quelle sera par la suite la vérité du terrain…

D’une équipe en reconstruction, les Nets sont devenus une équipe au marketing valuable. La raison ? Ce duo. KD-Kyrie. (Crédit photo : si.com)

Comment résumer la saison régulière des Nets en une expression… courant alternatif ? En vérité, c’est plus que ça. En analysant les 64 matchs joués par Brooklyn, il y a eu parfois du très bon, parfois ç’a été un vrai chemin de croix. C’est simple, la franchise n’a jamais eu un bilan positif au-dessus des trois victoires d’avance : 13-10. C’était le 8 Décembre, après un succès 105-102 contre Denver validé par les grosses perfs du duo Dinwiddie (24pts-8ast)-Allen (19pts-11rbd). Depuis, il n’y a tout simplement aucune continuité dans les résultats. Si l’effectif, qui n’a pas été épargné par les blessures – d’importance -, n’a pas réussi à trouver sa boussole, c’est en partie à cause d’une gestion catastrophique des fins de rencontre. Nous y reviendrons. Et quand le bas blesse dans un secteur aussi important que le money-time, il est impossible de trouver une forme pérenne de continuité, d’autant plus que les fins de match peuvent créer une vraie rupture dans l’approche mentale de tout l’effectif. À chaque ultimes minutes, à chaque épilogue, revient ce cercle vicieux qu’est la possibilité d’échouer.

De ce fait, les Nets n’ont jamais enchaîné. Entre 16 Novembre et 8 Décembre, les Nets ont joué 12 matchs pour en remporter 9 d’entre-eux. Et pour répondre à la question que vous vous posez tous, Kyrie Irving n’a joué aucun match durant cette période faste. Quelques jours plus tard, la crise sportive approche. Entre le 26 Décembre et le 26 Janvier les Nets prennent part à 16 matchs pour ne glaner que 3 victoires. Il y a même une traversée du désert avec 7 défaites de suite, avec pour revers le moins large, le 115-122 encaissé face aux Wolves. Kyrie Irving est toujours absent, et il porte malgré tout le poids de ces défaites. Le meneur star revient le 12 Janvier et permet à sa franchise de l’emporter – avec la manière – face aux Hawks, 108-86. Il score 21 points à 10/11 au tir. Y a pire. La dernière période binaire (tout ou rien) s’inscrit entre le 14 Janvier et le 1e Février avec 10 matchs pour 7 défaites. En vérité, on peut même tout englober dans la période du 26 Décembre au 1e Février avec 19 matchs et seulement 5 victoires. En temps normal, les équipes qui ont de fortes prétentions en playoffs sont à ce moment « on the rise ». Les automatismes avancent, les role players se fondent de mieux en mieux dans les rotations et le/les franchise player(s) portent l’équipe sur son/leur dos. Irving a été absent une partie de cet affront sportif, mais c’est surtout son retour qui n’a eu aucun effet dans l’évolution positive des résultats qui pose question.

En 3/4 de saison, les Nets n’ont jamais réussi à trouver un bon rythme de croisière. L’effectif semble finalement mal construit et les efforts faits les uns pour les autres sont douteux. Les Nets n’ont jamais vraiment su mettre les shooters dans de bonnes conditions et ont parfois joué avec des principes stéréotypés. Certaines défaites ont provoqué la colère des fans (défaite 112-138 à Phoenix, défaite 79-118 à domicile face aux Grizzlies, etc) et la frustration a vite fait la part belle aux aspirations du début d’exercice. L’architecte Kenny Atkinson qui a façonné l’identité sportive des Nets a été débarqué, semble t-il d’un commun accord, juste avant l’arrêt de la saison régulière à cause de la crise sanitaire. Coach Jacque Vaughn a pris les rênes pour deux succès consécutifs, sans pour autant mettre sa patte tactique sur l’équipe.

SITUATION À LA REPRISE

Malgré un bilan négatif de 30 victoires pour 34 défaites, les Nets sont donc playoffables. Ils n’ont qu’une défaite d’avance sur le Magic mais l’avance sur des Wizards est, pour le coup, très importante à ce stade de la compétition. 6 victoires d’avance, 8 matchs à jouer… la place dans le top 8 est quasi-garantie pour les Nets. Voici le calendrier à venir pour les joueurs de Jacque Vaughn :

Au niveau des affrontements directs :
  • Orlando : D 89-101, D 113-115
  • Washington : D 107-113, D 106-110
  • Milwaukee : D 97-117
  • Boston : D 110-121, V 112-107, V 129-120
  • Sacramento : V 116-97
  • LA Clippers : –
  • Portland : V 119-115

Le bilan est moyen, comme la saison des Nets. La conférence Ouest leur réussit plutôt bien pour l’heure, avec deux victoires face aux Kings (45 pts du duo Dinwiddie-Harris) et aux Blazers (33 pts-6 ast d’Irving). Il va y avoir de belles affiches pour la franchise, avec des affrontements directs pour le 7e spot à l’Est mais aussi des « main-event », plus importants encore pour Brooklyn. La place en PO étant quasi-validée, il s’agit aujourd’hui de montrer les crocs face à ce qui se fait de mieux en NBA. Les rencontres face aux Clippers et aux Bucks vont, en ce sens, déterminer pas mal de choses.

Une chose est – quasi – sûre, Kyrie Irving ne sera pas de la partie. Le meneur de jeu a été le leader de la fronde anti-reprise de la NBA, entre déclarations et call réunissant 80 voire 200 joueurs. Si son combat est louable, la manière a souvent posé question mais qu’importe, il semble impossible de voir le Point Guard prendre part à la reprise alors qu’il a ouvertement donné son avis pour ne PAS, reprendre la saison. Le recrutement de Tyler Johnson va, d’ailleurs, dans le sens d’un remplacement numérique d’Uncle Drew.

LES SECTEURS CLÉS

✔️ Un jeu mid-range performant

C’est dans le jeu de pénétration que les Nets sont performants. Le fait d’avoir une équipe qui utilise la largeur du terrain pour s’exprimer favorise ce jeu de feeling dans la prise de décision. Brooklyn possède deux excellents attaquants avec Spencer Dinwiddie et Caris LeVert. Le dernier nommé est très bon dans le jeu 1v1 avec son jeu d’hésitation et de recentrage vers le cercle avant le tir. Pour Dinwiddie, s’il a parfois tendance à trop shooter à l’extérieur (alors que ce n’est pas son jeu), il excelle dans l’attaque de près puisque son physique et son côté élancé font de lui un joueur difficile à défendre, surtout lorsqu’il arrive à prendre de la vitesse. Il aspire souvent deux joueurs sur son double-pas qui est une belle arme pour lui. Son double-pas est celui d’un sauteur en longueur, ce qui lui permet de conserver son avance et d’être difficile à contrer. Dans cette conclusion d’attaque, s’il aspire deux joueurs, il sait aussi passer pour un Jordan (ou Allen) qui ne se font pas prier pour marquer au près avec un bon dunk des familles.

Les Nets sont dans la mouvance actuelle sur la Pace, ils sont 10e dans l’exercice, insistent sur un jeu rapide et performant porté encore une fois par les aspirations de Dinwiddie et de Kyrie Irving. La vitesse de Jarrett Allen va tout à fait dans cette mouvance, le jeune pivot drafté par les Nets s’épanouit dans ce jeu de transition. Brooklyn est même élite dans les points marqués dans la peinture (49,6 pts/match) et doit, pour son salut, abuser des qualités de ses hommes forts pour trouver son identité offensive.

❌ L’adresse extérieure, un faux projet

De voir des Nets forts dans la zone intérieure implique d’avoir des carences certaines lorsqu’il s’agit de marquer de loin. Brooklyn est aussi bon de prêt qu’il est en galère de loin. 5e de la Ligue sous le cercle, ils sont 26e derrière l’arc (34,0%) alors qu’ils sont la 5e équipe à prendre le plus de tirs à trois points par match. Le problème est simple à analyser : les Nets shootent beaucoup trop pour leur efficacité. Des joueurs capables d’artiller, il y en a. LeVert, Harris, Temple, Irving, Prince, Kurucs, … Tous sont capables d’apporter de loin, mais pour quelle régularité ? Même Joe Harris, vainqueur du Three Point Contest, éprouve des difficultés cette saison. Le différentiel au % est conséquent entre l’exercice 2019 et le suivant : il passe de 47% à 41% derrière l’arc… Ce qui, au demeurant, reste un % de grosse qualité.

Les Nets artillent beaucoup trop et ne sont pas en capacité d’adapter leur jeu à leurs vraies forces. Autour de ce secteur du shoot extérieur, se pose une question plus globale autour du QI basket naturel des joueurs, qui continuent de vouloir se mettre en confiance de loin alors qu’ils peuvent être bien plus efficaces. Quand on sait que Brooklyn a un ratio pts marqués/encaissés négatif… (-0,6 pts, 14e).

🕵️ Le Facteur X : la gestion des fins de match

Venons-en au fait. Les Nets se savent pas finir les matchs. Ils sont la 29e équipe NBA dans les pts marqués dans le 4e QT ! Et 18e dans les points encaissés. Les statistiques ne sont pas toujours les arguments ultimes, ceci dit, celle-ci en dit long sur l’incapacité des Nets de gagner. Les rotations douteuses et le manque de hiérarchie, l’ultra-tendance de Kyrie Irving à faire durer la possession dans le money-time pour prendre un shoot compliqué, le manque de répondant sur des tirs encaissés, font des Nets une équipe qui vacille lorsque la pression s’intensifie.

Comment résoudre ce problème de fond ? Trouver une rotation cohérente en fin de rencontre peut permettre aux Nets de se sortir d’un premier danger, celui de la répartition du ballon. Doit-on user de ball handlers, de shooters pour aller vers le full-spacing ? Jacque Vaughn a son idée sur la question, mais le money-time ressemble souvent à un jeu qui se ralentit, et qui tend donc vers une baisse de la pace. Irving absent, l’association Uncle Drew-Dinwiddie n’est donc pas un enjeu majeur à gérer, les deux joueurs étant quand même assez incompatibles. Irving a plus besoin d’un arrière shooter pour s’épanouir dans son jeu de pénétration/transfert de balle.

CHANCES DE QUALIFICATION

À moins d’un cataclysme, les Brooklyn Nets seront en playoffs à l’issu de cet exercice si particulier. L’avance sur les Wizards est trop importante, presque rédhibitoire, mais la manière pose question. L’irrégularité chronique de Brooklyn dans l’enchaînement des matchs, conjuguée à un vrai problème dans la gestion des fins de match, empêche une franchise qui a pourtant du talent à tous les étages de performer sur la durée. Rendez-vous au 31 Juillet pour les premières indications…

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