Boxe

Lopez bat Lomachenko et unifie les ceintures chez les légers !

C’est un upset au vu du nombre de ceintures possédées par les combattants avant le fight. Teofimo Lopez (IBF) a battu aux points le roi des poids légers, Vasiliy Lomancheko (WBC, WBA, WBO). Retour sur un combat fort d’enseignements, qui consacre un boxeur qui a su se réinventer pour gagner le droit d’entrer dans la légende.

Celui qui a pour habitude de célébrer ses victoires par un salto n’a pas rompu à sa tradition malgré un combat qu’il a terminé sur les rotules. Lopez n’a pas cherché à s’économiser dès la première seconde. L’américain, natif de Brooklyn, a pris le centre du ring dès le premier son de cloche en ayant pour objectif de ne pas faire rentrer Lomachenko dans son combat. Tactique payante : dans les deux premiers rounds, l’ukrainien semble à côté de la réalité, tâtonne, semble dérangé par un adversaire qui le combat à garde rapprochée.

Il faut attendre la fin de ce second round pour voir l’ukrainien tenter quelque chose, avec un enchaînement solide, comme s’il fallait rappeler à Lopez que ce n’est pas n’importe qui en face. Le retour vers le coin a fait du bien à l’américain, encouragé et ajusté par son staff qui a, semble t-il, préparé idéalement ce combat pour l’unification. Sur les rounds 3-4-5, Teofimo Lopez récite sa partition avec talent et maîtrise, abuse de jabs inoffensifs mais trouve dans un second temps les solutions au corps. L’objectif c’est encore de fatiguer la garde de Lomachenko tout en épuisant ses ressources mentales. À la mi-combat, le plan est exécuté à la perfection. Les coups aux côtes touchent très souvent, et Lomachenko se frustre d’être dominé sur tous les plans. Rendez-vous compte : Lomachenko n’a donné que 11 coups lors des 7 premier rounds !

Un huitième round qui aurait pu tout changer

À la fin de ce septième round, l’ukrainien décide de se mettre en marche. À bat la tactique, il faut désormais frapper et toucher. Lopez résiste jusqu’à lors assez bien aux coups mais plusieurs enchaînements dans la huitième reprise n’ont pas été loin de tout changer. Jusqu’à lors parfait, l’américain a été sévèrement bouncé par une bagarre impulsée par Lomachenko. Les bras de ce dernier paraissent plus légers, et il décoche un, deux, trois enchaînements pour forcer un rallye et un coup fatal. Lopez résiste bien avec une garde active et du mouvement sur le haut du corps. Malgré tout, le champion touche. Et blesse. Le visage de Lopez rougit, sur les pommettes et les arcades. Il y a danger.

La pression ne baisse d’aucun cran dans les deux reprises suivantes. Lomachenko tente, va chercher l’enchaînement salvateur pour asphyxier à sa manière son adversaire. Il n’en est rien. S’il continue à toucher, Lopez arrive parfois à contrer, ce qui équilibre les débats. Malheureusement c’est trop tard pour agir et même s’il est touché, Lopez parvient à terminer la rencontre debout. Le dernier round, débridé, aurait pu tourner en la faveur de l’un ou de l’autre, Lopez étant même ouvert à l’arcade après un duel de tête. Il n’en est rien, le combat se termine au dernier son de cloche et il faut attendre la décision des juges pour avoir un vainqueur.

D’un point de vue statistique, cette agression permanente de Lopez se ressent et le nombre de coups portés, quitte à être imprécis, l’explicite :

  • Lomachenko : 321 coups portés, 141 touchent (43,9% réussite)
  • Lopez : 659 coups portés, 183 touchent (27,8% réussite)

Beaucoup pourront dire après le combat qu’à trop vouloir sortir son adversaire de sa zone de confort, Lopez a bafoué sa propre boxe et à frappé dans le vide. C’est surtout dans les gants. L’américain a abusé de jabs – quasiment 45% de ses coups portés au total – qui n’ont jamais fait mouche (12% ont touché). Pourtant, les jabs ont cette vertu de fatiguer la garde adverse et de petit à petit créer l’ouverture. Cette usure lui a sûrement permis d’être moins mis en danger dans une partie du combat importante à gérer, lorsque Lomachenko a lâché ses coups, entre le 8 et le 11e round.

La décision des juges est sans appel : 116-112, 119-109, 117-111

Les notes des juges sont pour la plupart assez sévères pour Lomachenko, qui a été au-dessus de son adversaire pendant plus d’un tiers du combat. Objectivement, la vérité se rapproche du premier juge, donnant Lopez vainqueur à 116-112. Quoi qu’il en soit, la stratégie et le don de soi a pris le pas sur le talent et la furia ukrainienne : Teofimo Lopez est, à 23 ans, champion unifié des poids légers, et toujours invaincu en 16 combats (12 K.O). Le dernier boxeur ayant l’unification aussi jeune… c’est Mike Tyson, qui a réussi cette performance à 21 ans. Iron Mike avait alors battu Tony Tucker, invaincu (34-0-0) et c’était déjà par Unanimous Decision.

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