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Profil NBA Draft 2021 : Cade Cunningham, simply the best

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Après une March Madness qui a, comme à son habitude, réservée son lot de surprise, la draft NBA 2021 est la nouvelle date importante pour les prospects NCAA et FIBA. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

CADE CUNNINGHAM

Source : Detroit Free Press

Date de naissance : 25 septembre 2001 – Classe : Freshman

Université : Oklahoma State Cowboys (Big-12) – Bilan 2020/2021 : 21v/9d

Poste : Meneur-Ailier (#2)

Mensurations
Taille : 203cm – Poids : 99 kg – Envergure : 213 cm

Statistiques saison
27 matchs joués // 20,1 pts // 6,2 reb // 3,5 ast // 1,6 stl // 0,8 blk
35,4 minutes joués/match // 43,8% FG // 40% 3pts // 84,6% FT // 4 Tov // 2,5 PF

PROFIL

CONTEXTE PERSONNEL & COLLECTIF
Cade Cunningham est un talent rare, exceptionnel et peut-être bien « générationnel ». Une étiquette bâtarde, difficilement définissable, mais dont juste l’hypothèse témoigne déjà d’un prospect hors-norme. Si certains ont été classés dans cette catégorie très (trop) jeunes, Cade a vu sa renommée exploser sur le tard. Né à Arlington au Texas, Cade Cunningham hérite de la passion de son père pour le football américain, Keith Cunningham, quaterback avec l’Université de Texas Tech. Dans ses plus jeunes années, Cade joue au même poste que son père avant de se diriger vers les parquets aux alentours de ses 12 ans.

En high-school, Cade Cunningham revêt les couleurs de l’école Bowie dans sa ville natale d’Arlington. Il devient très rapidement le meneur titulaire de son équipe lors de sa première saison. Cunningham termine avec une ligne statistique remarquable de 15,2 points, 6,4 rebonds et 3 passes. La saison suivante, il augmente ses chiffres et remporte le titre de co-MVP de son district. Des performances remarquées jusqu’en Floride. Juste avant sa troisième saison en high-school, Cade Cunningham est transféré dans la prestigieuse école de Montverde. Dans une rencontre scrutée par tous les scouts du pays contre la tout aussi rayonnante Académie d’Oak Hill, Cunningham dévoile tout son talent avec 26 points, 7 rebonds et 9 passes pour donner la victoire aux siens. Cette saison 2018-19, ses statistiques ne sont pourtant pas exceptionnelles et il passe sous les radars de certains. Le point de départ de sa réputation de crack arrive à l’été 2019. Cade est élu MVP de la Nike EYBL avec 25,1 points, 6,6 rebonds et 6,2 passes. Le même été, il remporte la médaille d’or au Mondial U19 avec Team USA. En finale, contre le Mali, Cunningham inscrit 21 points, capte 7 rebonds et distribue 7 passes. Pour sa dernière année de high-school, Cade est rejoint par des prospects très talentueux tel que Scottie Barnes ou Moses Moody, constituant une équipe de Montverde exceptionnelle. Cette dernière saison tourne à la démonstration : 25-0 et +39 de différentiel. Cunningham ne joue que 22 minutes en moyenne mais son aisance, sa maturité et ses compétences le propulse au sommet de sa classe de draft, noté 5 étoiles par tous les médias spécialisés.

Convoité par les plus grands programmes de NCAA, dont Duke, Kentucky ou UNC, Cade Cunningham choisit de s’engager avec les Cowboys d’Oklahoma State. La décision était prévisible puisqu’il rejoint ainsi son frère, Cannen Cunningham, engagé plus tôt comme assistant coach chez les Cowboys. Sous les ordres de Michael Boyton pour la 4ème année, Oklahoma State réalise une belle performance cette saison. Un bilan global de 21-9, 11-7 au sein de la Big-12 et une première qualification au tournoi NCAA pour le programme depuis 4 ans après une défaite en finale du tournoi de conférence contre Texas. Les Cowboys se sortent du piège tendu par Liberty au First Round (69-60) avant de tomber contre Oregon State au tour suivant. Si les résultats de la saison sont bons, sur le parquet le constat visuel est bien différent. Tout est fait pour faire briller le prodige, et le prodige brille. Mission accomplie, Cade Cunningham a enchanté la NCAA et les Cowboys. Il remporte pas moins de 6 trophées individuels dont les très prestigieux Consensus All-American et Player of the Year de la Big-12. Mais si ce contexte d’équipe à visée unique a servi les talents de Cade Cunningham, il a aussi soulever quelques points d’interrogations. Rares, on vous rassure.

DESCRIPTION DU JOUEUR
Tout au long de la saison, Cade Cunningham a consolidé sa place de numéro 1 de cette cuvée. Sauf surprise, son nom devrait bien être le premier annoncé par Adam Silver le 29 juillet prochain. Pour comprendre le phénomène « Cade Cunningham », il faut prendre en compte le rapport aussi rare qu’exceptionnel entre les mensurations d’un ailier moderne scoreur et les aptitudes d’organisation d’un meneur NBA-ready.

Haut de 2 mètres 03, rempli de 99 kilos, Cade Cunningham possède une envergure avoisinant les 2 mètres 10. Avec ces mesures dignes des ailiers NBA, Cunningham évolue en position de meneur depuis ses années en high-school. Son sens de la passe, ses anticipations, ses lectures lui permettent largement d’épouser les responsabilités de ce poste. Le QI Basket hautement développé de Cade Cunningham se complète parfaitement avec une technique impressionnante et un toucher de balle soyeux. Le meneur des Cowboys semble être capable de distribuer le ballon de n’importe quelle manière, dans n’importe quelle situation. Altruiste en transition, Cunningham aime lancer des alley-oop, trouver la coupe avec de longues passes avec rebonds ou encore fixer la défense pour servir un tireur ouvert à 3pts. Il exploite tout aussi bien ses capacités sur demi-terrain. Cade Cunningham joue très bien les situations de pick-and-rolls avec patience et justesse. Habile des deux mains, il voit les opportunités sur les extérieurs ou à l’intérieur avec un temps d’avance.

Mais notifions tout de même que son jeu de passes a été un peu frustrant cette saison. Le contexte d’équipe n’a pas aidé Cunningham dans ce secteur. Le meneur des Cowboys n’a délivré que 3,5 passes par match pourtant la création d’opportunités était bel et bien visible. Mais voilà, Oklahoma State n’avait tout simplement pas les joueurs pour exploiter le playmaking de Cunningham. Un seul joueur en-dehors de Cade Cunningham a dépassé les 35% de loin : Isaac Likekele, mais il n’a tenté que 18 tirs primés cette saison. Même sur PnR, les intérieurs des Cowboys n’ont pas réussi à exploiter pleinement les actions créées par leur meneur. Le nombre de passes décisives de Cunningham n’est peut-être pas aussi haut qu’attendu, mais visuellement, le pouvoir de création est impressionnant. Ce contexte d’équipe a aussi joué sur son nombre vertigineux de pertes de balles : 4 turnovers par match, le plus haut de Big-12 ! Alors évidemment, son entourage a conduit les équipes à se focaliser sur lui en défense. Mais, Cade Cunningham a sa part de responsabilité. Il semble manquer de précision dans les espaces restreints et certains choix peuvent paraître discutables. Mais le jeu davantage espacé de la NBA devrait lui permettre de corriger rapidement ce défaut relatif.

Si Cade Cunningham peut aussi bien faciliter le jeu pour son équipe c’est parce qu’il attire la défense adverse. La raison est simple : le meneur des Cowboys s’est révélé comme un formidable scoreur cette saison avec une panoplie offensive remarquable. Cunningham a véritablement passé un cap offensivement depuis la high school, notamment au tir, un domaine sur lequel de nombreux observateurs étaient sceptiques. Cette saison, il s’est montré comme une réelle menace sur les trois niveaux. Qu’importe la défense mise en place, Cade parvient à trouver la position pour décocher un tir équilibré et juste. Sa capacité à créer son propre tir en sortie de dribble est tout simplement exceptionnel, létale. Que ce soit à mi-distance ou à 3pts, il utilise toute une panoplie de dribbles (between the legs, pullback, stepbacks, sidesteps…) qu’il combine avec son avantage de taille pour dépasser ses adversaires en 1v1. Son stepback est vraiment dévastateur pour son âge. Et l’adresse accompagne cette auto-création : 40% à 3pts sur 5,7 tentatives par match. Principal porteur de balle, créateur et scoreur de son équipe, Cunningham a prit aussi beaucoup de tirs difficiles cette saison, mais même dans ces conditions il affiche une belle adresse.

Sur pénétration, Cade Cunningham possède un arsenal tout aussi séduisant. Il n’est pas le plus explosif, ni le plus athlétique (nous y reviendrons), mais sa science du déplacement, sa lecture des défenses et sa technique lui permettent de trouve une solution à l’approche du cercle. Drives, hook shot, floater, runners… L’arsenal est effrayant et efficace. Il affectionne un situation particulière : drive main gauche, spin à droite et finition droite. Il a une rotation des hanches vraiment rapide qui, avec sa longueur, devient létale. Et c’est une mauvaise idée de tenter un hack-a-Cade, lui qui tourne à plus de 84% sur la ligne des lancers. Si nous ne l’avons pas beaucoup observer sans le ballon, Cade a montré qu’il était capable de travailler off-ball. En catch-and-shoot, il tourne à 49,3% de réussite. Et le plus enthousiasmant, c’est son jeu au poste bas. Sur certaines séquences, Cunningham prend la position préférentielle dans la raquette sur son défenseur directe et termine au-dessus grâce à son longueur. Il a même montré une belle maîtrise du fadeaway, tout à fait excitant. Si nous devions cibler un défaut chez Cade Cunningham, c’est son manque d’athlétisme. C’est probablement le secteur qui nécessitera le plus de travail sur les prochaines années pour lui. Ce manque de pop-vertical, de puissance physique, de rapidité l’empêche d’être un excellent finisseur près du cercle. Cet athlétisme défaillant n’est pas préjudiciable pour son jeu pour l’instant mais un travail musculaire lui ouvrira de nouvelles portes.

Celles et ceux qui connaissent pas Cade Cunningham peuvent penser qu’après un portrait offensif aussi complet, la défense n’est pas son point fort. Et pourtant, le meneur des Cowboys a montré par séquences un réel talent de ce côté du terrain laissant entrevoir un magnifique potentiel. La combinaison taille/longueur et mobilité de Cade Cunningham est vraiment impressionnante et fait de lui un défenseur polyvalent. A termes, il sera probablement capable de défendre des postes 1 à 4. Son avantage de taille et la rapidité de ses hanches lui permettent de contenir de nombreux guards. Sans aucun doute, il sera capable de réaliser des stops défensifs dans un avenir proche. Sur le joueur, Cade doit encore être davantage attentif et rester concentrer sur un match entier, mais le combo intelligence/mobilité est bluffant. Hors du ballon, Cunningham a presque le potentiel d’un protecteur de cercle. Oklahoma State l’a souvent utilisé comme premier rideau défensif dans la raquette pour défendre sur les entrants dans la raquette et certains postes 4. Il a le timing et la science du placement pour devenir un véritable perturbateur en défense, notamment près du cercle. On se souvient de son contre à deux mains dans la dernière minute contre Kansas alors que le score était de 70 partout. Mais là encore, c’est son manque d’athlétisme et de résistance physique le gène pour résister aux drives puissants.

Enfin, mention spéciale pour une qualité qui, pour nous au CCS, fait de lui un talent générationnel : Cade Cunningham est clutch, et ça, ça ne s’apprend pas. Le meneur des Cowboys a inscrit 106 points dans le clutch-time cette saison, le plus en College Basketball. Ses highlights sont remplis d’actions déterminantes. Personnellement, c’est probablement le prospect le plus clutch que j’ai pu observer au niveau universitaire.

✔️ FORCES

  • Clutch.
  • Mensurations.
  • QI Basket élite.
  • Création de son propre tir.
  • Menace sur les trois niveaux.
  • Adresse.
  • Panoplie offensive.
  • Diversité technique.
  • Playmaking.
  • Défense en 1v1.
  • Scoring en 1v1.
  • Facilitateur en transition.
  • Arsenal de passes.
  • Défense collective.
  • Potentiel au poste bas.

FAIBLESSES

  • Pertes de balles.
  • Athlétisme.
  • Résistance au contact.

PRÉDICTION DRAFT 2021

Podium (place 1)

Equipes potentiellement intéressées : Detroit Pistons (1)

Comment passer à côté d’un talent comme Cade Cunningham ? Si l’étiquette de « talent générationnel » fait débat chez les spécialistes, le simple fait que la question se pose prouve que nous avons à faire à un joueur d’une qualité rare. En héritant du premier choix, les Pistons devraient choisir le meneur d’Oklahoma State sans grande surprise. Le public français se demande si Cade Cunningham sera compatible avec le meneur drafté l’année dernière, Kylian Hayes. La question ne se pose pas, Cade est un talent qui est si rare qu’il force le choix. Surtout que l’altruisme de Cade Cunningham est désormais avéré et il fort probable que les deux jeunes joueurs peuvent évoluer ensemble. Cela nous donnera probablement l’occasion de voir un peu plus Cade Cunningham sans le ballon. Avec une ligne arrière composée de Cunningham/Hayes/Bey, Detroit peut retrouver le rayonnement que cette franchise mérite.

NOTE DU CCS : Tier « Superstar »

Certains le considèrent comme le meilleur talent universitaire depuis Anthony Davis. L’alliance entre un physique d’ailier et les aptitudes d’un meneur est déjà rare, mais si on ajoute une panoplie offensive complète, une intelligence de jeu hors-norme et le goût du clutch, nous obtenons un talent tout bonnement incroyable. Les comparaisons pleuvent pour Cade Cunningham. De Ben Simmons avec tir à Luke Doncic meilleur défenseur, en passant par Harden et Tatum… Il ne lui reste plus qu’à construire sa propre identité dans cette NBA pleine de talents.

*Tiers du CCS, explications. Il est très difficile d’estimer le devenir d’un prospect. Pour embrasser au mieux le potentiel de ces jeunes joueurs, le CCS vous propose une hiérarchisation par « tiers », ou « groupes à potentiel ».
Groupe 1 : Tier « Superstar » ou l’équivalent d’un talent générationnel capable de changer le destin d’une franchise, voir de la ligue.
Groupe 2 : Tier « All-Star », facile à deviner, le prospect à le potentiel pour devenir un franchise player.
Groupe 3 : Tier « Starter ++ », le joueur peut très bien devenir la deuxième ou la troisième option de sa franchise.
Groupe 4 : Tier « Starter/6ème homme », rôle player important ou leader de la second unit.
Groupe 5 : Tier « Rotation importante », 8ème ou 9ème, toujours précieux avec un rôle définit.
Groupe 6 : Tier « Fin de rotation », 10ème ou 12ème homme avec peu de minutes, un plafond limité mais pouvant rendre de précieux services.
Groupe 7 : Tier « G-League/2Way », pour eux, il faudra se battre pour espérer avoir un avenir en NBAmais tout reste possible pour les éclosions tardives.

Retrouvez tous nos profils de la Draft NBA 2021 ici !

Tier « Superstar »

Tier « All-Star »

Evan Mobley – Scottie Barnes – Jalen Suggs – Jonathan KumingaJalen Green

Tier « Starter ++ »

Jalen Johnson – Isaiah Jackson – Keon Johnson – Alperen Sengun – Ziaire Williams – Brandon Boston Jr

Tier « Starter/6ème homme »

Kai Jones – Moses Moody – Sharife Cooper – Corey Kispert – Franz Wagner – Cameron Thomas – Jaden SpringerUsman GarubaTre MannChris Duarte

Tier « Rotation importante »

Miles McBride – Yves Pons – Jeremiah Robinson-Earl – Greg Brown – Julian Champagnie – Charles Bassey – Jared Butler

Tier « Fin de rotation »

Daishen Nix – Herbert Jones – Oshai Agbaji – Ayo Dosunmu – Isaiah Todd – Joe Wieskamp – Marcus Garrett – Aaron Henry

Tier « G-League/2Way »

Luka Garza

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